MYRIAM BOULOS

Post 4 Août

LIBAN / AGENCE MAGNUM


© Myriam Boulos / Magnum
Chai des Moulins

Quai des Moulins, Sète
(à côté du Conservatoire Manitas de Plata)

Horaires

10h-19h les week-end et jours fériés
13h-19h en semaine

Octobre 2019, des forêts entières sont en flammes au Liban, et le gouvernement ne fait rien pour y remédier. Le même mois, le pays est frappé par une crise économique. Immédiatement, une révolution s’enclenche lors de laquelle le feu est utilisé comme moyen de destruction, de répression, mais surtout comme un symbole de puissance. Il sert à bloquer les routes et s’opposer aux abus de l’État.

Août 2020, des pompiers sont envoyés au port de Beyrouth. Les responsables politiques qui les envoient savent que l’endroit incendié contient des tonnes de nitrate d’ammonium. Quelques heures plus tard, le Liban est victime de l’une des plus grandes explosions de l’Histoire. Les deux événements se téléscopent l’un dans l’autre, comme fondus par ce feu qui consume les symboles du pouvoir abusif, afin que les cendres puissent fournir les bases sur lesquelles reconstruire la ville. Ce sont les prémisses de cette reconstruction que Myriam Boulos documente, en survivante. Elle manifeste à la fois les aspects destructeurs et salvateurs de cette grande flamme qui est aussi la condition de possibilité d’un renouveau, un cri de désespoir au milieu du chaos. Des images brutales et douces, qui disent la force des mécanismes d’entraide et de solidarité et servent en définitive de « preuve concrète que nous ne sommes pas en train d’halluciner » (Max Kozloff).

En partenariat avec Mediapart, l’ETPA et le laboratoire Photon

Myriam Boulos est née en 1992 au Liban, un pays fragmenté qui a du se réinventer. C’est à l’âge de 16 ans qu'elle a commencé à utiliser son appareil photo, pour interroger Beyrouth, ses habitants et sa place parmi eux. Diplômée d’un master en photographie en 2015, son travail a été présenté lors d’expositions collectives internationales telles que « Infinite identities » (Amsterdam), la Biennale des photographes du monde arabe (Paris), la Berlin PhotoWeek ou encore à « Photomed » (Beyrouth).Elle a reçu le Purple Lens Award en 2014, qui l’a conduite à sa première exposition monographique. En 2019, son travail a été exposé à l’Institut français du Liban. Aujourd’hui, elle utilise la photographie comme moyen d’explorer, de défier la société mais aussi et de lui résister. Elle reçoit le Grand Prix ISEM de la photographie documentaire en 2021 et rejoint l’agence Magnum la même année.