© Hugues de Wustemberger / Sète #21 –  Agence VU'

HUGUES DE WURSTEMBERGER

Sète #21

Suisse / Agence VU' / Résidence 2021

Du mardi au samedi de 10h à 19h / le dimanche de 14h à 19h
VISITES LIBRES / dans la limite des jauges imposées

Chaque année, ImageSingulières invite un ou une photographe en résidence à Sète et sur le pourtour du Bassin de Thau. Une immersion sur le territoire pendant quatre à six semaines, où l’artiste sélectionné.e a carte blanche pour réaliser un travail sur le territoire et ses habitants. Pour l’année 2021, c’est le photographe Suisse Hugues de Wurstemberger, dit H2W, qui a été choisi.

Il s’est d’abord fait connaître par son travail sur la Garde Suisse pontificale, où il est entré comme auxiliaire et de laquelle il a livré une vision subjective captée de l’intérieur qui a fait scandale lors de sa parution dans la presse. Généralement en marge de l’actualité, Hugues de Wurstemberger se penche sur le quotidien et l’intimité de populations oubliées, en voie de disparition, ou frappées par la perte de leurs territoires. C’est ainsi qu’il a travaillé sur le monde paysan, des Préalpes fribourgeoises à la Zambie en passant par la Somme, ou encore sur le peuple sahraoui.

Hugues de Wurstemberger a arpenté – au vrai sens du terme – une immense zone incluant étangs aux noms chantants (Thau, Arnel, Vic, Ingril), une lagune et ses eaux mais n’a pas été insensible à la minéralité des « Pierres blanches » ou du « Creux de Miège ». […] Le marcheur a en permanence le regard en alerte, ce qui lui a permis, en été comme en hiver et sous des lumières intenses, de trouver la distance juste, la respiration ample, et de faire des découvertes. […]
H2W a donc marché, réfléchi au sens de ses parcours, a regardé, de près souvent, des plantes sur lesquelles il s’est ensuite informé. Il a rencontré des gens, des hommes, des femmes, des jeunes, qui vivent loin de la ville, qui chassent pour certains, d’autres qui cultivent légumes et fruits, qui produisent du vin, tout cela en bio, en permaculture, ce qui correspond aux préoccupations et valeurs du photographe. […] Son approche est à la fois réaliste et sans aucun effet, subtile, vibrante, [elle] permet de rendre compte de la délicatesse des lumières caressant les étendues d’eau aussi bien que l’organisation, la matière, les formes des plantes et des rochers. [Elle] permet aussi de faire ressentir et partager les variations entre deux instants, entre deux saisons. […]
Dans ce travail, […] H2W s’est obligé à travailler en format vertical, qu’il voit comme un avatar du carré. Même si, comme il le dit avec son humour ravageur « ce n’est pas évident de mettre un étang à la verticale ».

- Christian Caujolle, conseiller artistique

Hugues de Wurstemberger, né en 1955 à Berne, vit à Bruxelles où il a enseigné la photographie à l’école d’art bruxelloise “le 75“ jusqu'en 2020. Il est membre de l’Agence VU’ depuis sa création en 1986, qu’il a intégré avec son journal photographique de garde suisse. Il est, depuis, représenté par la Galerie VU’. Son travail a été récompensé en 1990 par le Prix Niepce, en 1991 par le World Press Photo, et en 2002 par le Prix Silver.
Après avoir collaboré avec Libération, le Monde et d’autres, il ne travaille désormais plus qu’avec des amis. Hugues de Wurstemberger a quelques livres à son actif : « Paysans » qui décrit le travail des hommes et des femmes qui vivent encore de la production de gruyère, « Le Mur » qui fait le point, vingt ans après, sur son parcours au Sahara Occidental, « Personnes », un livre de portraits fragiles sur des personnes handicapées, ou encore le dernier en date « Pauline et Pierre » qui raconte un voyage plus intime.